Fuite Des Cerveaux : À Un Problème Systémique, Une Solution Révolutionnaire
Introduction
La fuite des cerveaux est un problème que rencontre de nombreux pays sous-développés, en général, et les pays Africains en particulier. Elle consiste en la migration des travailleurs qualifiés ou très qualifiés des pays Africains vers les pays développés en Occident (Europe, Amérique). Ces travailleurs peuvent décider de rester permanemment dans ces pays développés, y trouvant de meilleures opportunités, mais ils peuvent aussi envisager de rentrer dans les pays d’origine pour contribuer à son développement avec les nouvelles connaissances acquises.
Au regard du durcissement des politiques migratoires de plusieurs États occidentaux ainsi que la répression des personnes issues des migrations, il est important que les révolutionnaires panafricanistes analysent en détail ce phénomène de la fuite de cerveaux. Bien évidemment, ce n’est pas suffisant de crier sur tous les toits qu’il suffit juste que ces Africains aiment leur continent et qu’ils y restent. Ou encore, c’est inutile si pas inefficace de simplement blâmer ceux qui décident de partir pour l’occident et qui participent volontairement ou involontairement à ce phénomène de fuite de cerveaux. Une analyse claire et nuancée est nécessaire pour mieux identifier les causes réelles du problème, les facteurs qui le maintiennent et les acteurs qui en profitent, pour mieux élaborer une solution adéquate et durable contre ce problème.
Voilà la lourde tâche que nous nous donnons dans cet article. Toutefois, nous allons juste nous concentrer sur les jeunes populations qui participent à ce phénomène de fuite de cerveaux, à savoir, les étudiants. Tout en gardant une perspective globale et universelle, nous trouvons important d’avoir un peu de spécificité pour une approche plus chirurgicale au problème. Notre analyse sera ancrée dans l’idéologie et la méthodologie du panafricanisme révolutionnaire. Nous espérons que cet article posera des bases pour une future analyse plus générale du problème. Nous ne prétendons pas que c’est le problème le plus urgent pour les Africains en ce moment, mais c’est un bon début pour comprendre la situation de notre Peuple. Nous ferons allusions à « l’Occident » pour mentionner l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) qui ont historiquement étaient les lieux où la plupart des Étudiants Africains à l’étranger se retrouvent. Cela ne veut pas dire que nous ignorons la présence des Africains dans d’autres pays (Turquie, Japon, etc.) ou encore les migrations au sein de l’Afrique qui, à cause de la balkanisation et des micro-nationalismes réactionnaires/néocolonialistes, cause des effets similaires, quoique moindre, à ce que nous allons identifier dans cet article.
Un problème de démographie ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, discutons un peu sur la migration et le caractère particulier que présente la fuite de cerveaux.
Quand les personnes réactionnaires abordent la question de la migration d’origine africaine, il y a toujours une référence implicite et raciste de la démographie grandissante de l’Afrique. Même s’il est vrai que le taux croissance démographique en Afrique est légèrement élevé, cela ne doit jamais être perçu comme un problème ou un facteur négatif. En effet, toute personne qui comprend comment l’économie marche sait que plus, il y a des gens, plus il y a de main d’œuvre et donc plus de travail. Par ailleurs, dans les sociétés communalistes et semi-féodales, le facteur de la démographie était clé pour le maintien de la production. En effet, dans les sociétés communalistes, l’économie était organisée sur base de la famille et du village. Tout le monde, ayant la capacité, y participait, même les enfants, au point que la taille de la famille devenait presque synonyme d’un travail agricole riche. D’ailleurs, l’origine même de l’exploitation de l’homme par l’homme qui se développe vers la fin du communalisme peut être expliqué par le besoin de contrôler cette main d’œuvre. Et on observe alors l’essor du patriarcat, l’exploitation des femmes et le contrôle des capacités reproductrices des femmes.
Cette caractéristique a été conservée, avec quelques modifications, sous le féodalisme dans lequel les familles des paysans étaient généralement plus nombreuses. En plus de l’aspect économique et patriarcale, on peut aussi expliquer cette « promotion » de la croissance démographique sous le féodalisme par le simple fait que le taux de mortalité infantile était aussi élevé. Par exemple, en Europe féodale, due au faible niveau de développement de la médecine, les femmes paysannes devaient enfanter beaucoup d’enfants, pour s’assurer qu’au moins un bon nombre survivent et puissent contribuer à l’exploitation de la terre du Seigneur féodal.
Sous le capitalisme, la croissance démographique reste un facteur essentiel pour le développement. Nous pouvons observer un paradoxe intéressant de ce système antihumain qu’est le capitalisme sous lequel le développement de la médecine réduit le taux de mortalité d’une part, mais la surexploitation des travailleurs dans des conditions inhumaines un certain équilibre d’autre part. De plus, l’oppression des femmes se renforce, se rationalise et s’institutionnalise pour que la main d’œuvre continue d’augmenter. La croissance démographique ne devient un problème que lorsqu’il n’y a pas assez de ressources pour maintenir cette population croissante. L’Europe capitaliste a résolu ce problème, en partie, en favorisant des vagues de colonisations de peuplement dans les autres continents. Mais paradoxalement, Europe a aussi encouragé les migrations dans le sens inverse, surtout lorsque cela permettait d’obtenir des populations esclavagisées ou colonisées une main d’œuvre gratuite et dynamique.
Cela nous amène donc à questionner sérieusement ceux qui critiquent la croissance démographique de l’Afrique. En tant que Panafricanisme Révolutionnaire, nous voyons plutôt cela comme l’une de plus grande richesse de l’Afrique, un peuple fort qui nous permettra de bâtir une Afrique Libre, Unie et Socialiste. Sachant que la population Africaine est aussi majoritairement jeune (plus de 77%) et de ce fait un facteur incontournable pour le futur de l’Afrique et du Peuple Africain. Aussi, faut-il rappeler une nouvelle fois que seul le peuple, la masse laborieuse produit le vrai développement, en transformant les richesses et les ressources de la Terre. Visiblement, sous le capitalisme, le produit de ce développement sert la minorité bourgeoise avec des miettes pour ses larbins, mais sous le socialisme et le communisme, le Peuple est l’artisan, le distributeur et le récepteur principal du développement. Même sous un système aussi anti-peuple que capitalisme, c’est la masse laborieuse qui donne la valeur aux produits. Malgré le danger de la mécanisation, de la robotisation et de « IA-fication » (usage de l’intelligence artificielle), le travail direct et humain de la masse laborieuse reste indispensable et nécessaire. À plus forte raison, une forte population est un facteur positif dans un système socialiste ou communiste.
Peuple Africain, Peuple Résilient
L’Afrique a une population de plus de 1,5 milliard d’habitants (2025) vivant sur le continent et plus de 100 millions d’autres dans la diaspora (Afrodescendants ou issus des migrations récentes). Quand bien même l’Afrique a actuellement un taux de croissance démographique élevé, c’est bien en dépit de toutes les formes d’exploitations et d’extermination que le système impérialiste impose au Peuple Africain. Nous devons rappeler que l’ère du capitalisme a inauguré d’important changement démographique qui n’ont rien à voir avec la migration normale que des nombreuses civilisations pratiquaient déjà. Par exemple, la traite transatlantique des esclaves Africains a eu plus de 300 millions de victimes (morts durant la traversée, morts durant la capture, ou ceux ont déporté avec succès). Ces Africains étaient âgés entre 18 ans et 30 ans, voir plus jeunes que ça, sans différentiation importante de sexe. On peut ajouter à cette tragédie de l’histoire les nombreuses campagnes et pratiques génocidaires que les colonialistes ont poursuivies. La liste est bien longue, mais ce qu’il faut retenir est que le Peuple Africain est un peuple résilient qui continue à croitre, malgré les forces d’exploitation et d’oppression de l’impérialisme et du néocolonialisme.
Fuite de cerveaux ou fuite de muscles
En ce qui concerne les migrations récentes de l’Afrique vers l’Occident, on peut les caractériser de fuite de cerveaux et de muscles. D’une part, la population des travailleurs migrants d’origine Africaine ne cessent d’augmenter en Occident. Ces Africains ont généralement entrepris des parcours et des itinéraires dangereux, et sont victimes de plusieurs mesures répressives une fois arrivés. Les travailleurs migrants sont aussi plus exploités, car ils ne peuvent pas aussi facilement porter plainte pour mauvaises conditions de travail, parce que leurs patrons peuvent menacer d’appeler la police ou les milices anti-déportations. Dans tous les cas, la force de travail qui pouvait contribuer au développement de l’Afrique se retrouver exportée en Occident. Il y a des nombreux facteurs qui causent cette « fuite de muscle », tous liés au système impérialiste et néocolonialiste qui surexploite l’Afrique et les travailleurs du monde, mais là n’est pas le focus de notre article. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à la fuite des cerveaux, c’est-à-dire, à la migration des personnes ayant soit un diplôme ou des qualifications professionnelles spécifiques, ou des jeunes étudiants qui partent en Occident pour éventuellement y rester.
Quelques Facteurs à Prendre à considération
Pour comprendre ce phénomène, deux types de facteurs doivent être pris en considération : les facteurs qui attirent les étudiants vers l’Occident, et les facteurs qui poussent les Africains hors de l’Afrique.
Les facteurs qui attirent vers l’Occident sont principalement nourris par la propagande constante dont est victime l’Afrique et au moyen de laquelle l’Occident est présenté comme un paradis de civilisation sur Terre. Les médias occidentaux, les chaînes de télévision, les films, tous créent ce paradigme dans les mentalités des Africains, leur faisant croire que la vie est forcément meilleure en Occident. Ce faisant, les propagandes cachent le reste de l’iceberg, ne montrant pas l’origine et les forces qui maintiennent ce semblant d’État-providence aux dépens des peuples opprimés du monde. En effet, ce n’est que grâce aux bénéfices tirés du néocolonialisme et de l’exploitation capitaliste de l’Afrique et des autres zones du monde que l’Occident arrivent à maintenir sa population dans cette relative État-providence. Nous disons « relatives », car la vérité est que les populations travailleuses de l’Europe sont tout aussi bien exploitées par les mêmes capitalistes qui pillent l’Afrique. Toutefois, ces populations reçoivent juste assez pour ne pas se rebeller. D’ailleurs, quand les films et médias occidentaux chargés de propagande capitaliste arrivent en Afrique, c’est tout simplement comme un surplus d’une propagande destinée aux populations exploitées de l’Occident. L’effet ces propagandes est d’autant plus catastrophique sur les Africains, car elles résonnent avec l’histoire et la réalité du racisme et de l’aliénation culturelle dont est victime l’Afrique.
Les autres facteurs qui attirent vers l’Occident sont les témoignages de ces Africains qui ont « gagné leur vie » en allant en Europe. Ils représentent un modèle à suivre et une source d’inspiration pour les jeunes Africains qui peinent à voir un futur dans leur chaos quotidien. Certains de ces Africains qui ont « gagné leur vie » sont honnêtes et disent les vraies difficultés rencontrées, mais malheureusement, c'est là même le nœud de la propagande capitaliste. Montrer que le chemin vers la réussite est si périlleux que seuls quelques heureux élus peuvent l’emprunter et même lorsqu’ils sont au bout, la pression et le stress ne s’arrêtent pas. D’ailleurs les institutions qui attirent les Africains se servent énormément de ces genres parcours « uniques ». D’autres de ces mascottes, car on peut les considérer ainsi, mentent ouvertement et exposent leur dénigrement de l’Afrique. Ils jettent toute la responsabilité sur le Peuple Africain opprimé, et non pas assez sur les entités néocoloniales, encore moins sur les forces impérialistes qui ne se fatiguent pas de piller et de surexploiter l’Afrique. Ceux-là jouent très bien leur rôle dans la propagande occidentale qui favorise cette fuite de cerveaux.
Bien évidemment, il y a des programmes spécifiques, financés par les États Occidentaux qui se chargent de cibler certains Africains, présentant un avenir prestigieux (à leurs yeux), pour les donner assez de ressources pour qu’ils ne considèrent plus l’option de rentrer en Afrique. Ces offres de bourse, quand bien même généreux ou bienveillant, restent une partie intégrante des efforts impérialistes pour dominer et contrôles le Peuple et les ressources d’Afrique. Dans certains cas, les impérialistes piocheront parmi ces élus, ceux qui seront les prochains agents aux services des intérêts néocolonialistes.
Nous devons aussi prendre en considération les facteurs qui poussent les Africains hors d’Afrique. Non seulement parce que notre méthode dialectique l’oblige pour une analyse plus complète, mais aussi parce que cela nous offre une occasion de plus d’exposer les dégâts de l’impérialisme et du néocolonialisme. En effet, ce couple impérialisme-néocolonialisme est responsable du faible développement du secteurs de l’éducation et de la recherche dans les pays Africains. N’ayant pas d’intérêt à former des travailleurs africains qualifiés ou des chercheurs dans des filières spécifiques aux besoins économiques de l’Afrique, l’impérialisme et le néocolonialisme ne fournissent pas assez d’effort pur développer ces secteurs. Lorsqu’il y a des bonnes écoles et, même des bonnes universités, les étudiants diplômés se retrouvent très vite au chômage, car les opportunités de travail sont réduites. Par conséquent, certaines personnes décident d’aller voir ailleurs, i.e. en Occident. Bien sûr, il y a aussi des cas extrêmes comme celui du Kenya où le gouvernement s’allie avec l’Allemagne pour « exporter » des travailleurs kényans en Allemagne. Au lieu de développer les secteurs locaux de la santé, de la recherche et de l’industrie qui devraient accueillir ces étudiants, ce gouvernement néocolonial juge plus profitable de servir les intérêts de l’impérialisme.
D’autres facteurs qui poussent les Africains hors d’Afrique, pas seulement les étudiants et les intellectuels, sont les réalités liées à la guerre, à la famine et à la pauvreté, résultats directs ou indirects des politiques et pratiques impérialistes et néocolonialistes. En effet le capitalisme ne peut pas survivre sans ces guerres, exploitations et inégalités extrêmes, cela rassure une main d’œuvre bon marché et des profits à tomber du ciel. Si on ajoute à ça les catastrophes dues au changement climatique et qui affectent de façon disproportionnée les Africains, on peut comprendre comment tant d’Africians sont poussés hors de l’Afrique.
À Qui Profite Le Crime ?
Maintenant que nous avons une meilleure compréhension de ces facteurs favorisant ou causant la fuite de cerveaux, nous pouvons parler de ceux qui profitent de la situation et comment la Révolution Populaire et Panafricaine peut éradiquer ce problème de manière efficace et permanente.
Les personnes ou entités qui profitent de cette fuite de cerveaux en Afrique reflètent aussi la chaîne de l’exploitation des ressources de l’Afrique. À la tête, nous avons les capitalistes et ces riches chefs d’entreprise qui, d’une part, vont profiter de la contribution, même faible comparée à celle des chercheurs occidentaux, des chercheurs africains dans leurs usines et industries en Europe. En connivence avec les États occidentaux, qui sont bien sûr sous la main mise des capitalistes et leurs compagnies, tout est mis en marche pour tirer le maximum de profit de la participation des Africains dans le développement technique (et même académique) de l’occident. En même temps, ces compagnies capitalistes peuvent continuer à surexploiter sur le continent des travailleurs qui n’ont pas d’éducation supérieure. De plus, leurs propres spécialistes et techniciens peuvent opérer en Afrique, sans se soucier d’un quelconque transfert de compétence ou craindre une perte de leur emploi.
Nous avons aussi ces entités philanthropiques qui, trempées dans le complexe du « White Saviourism » (Sauveurs Blancs) créent des programmes pour dénicher des Africains qui seront ensuite parrainés tout au long de leurs études. Ces entités sont souvent juste des fronts de ces mêmes capitalistes qui pillent l’Afrique, et servent donc effectivement à laver leur culpabilité. De plus, ils peuvent allier d’autres personnes, banques et compagnies à leurs magouilles en faisant croire d’un simple don financier sera la manne salvatrice des Africains. La réalité est que seule une très faible partie de la population bénéficie de ces programmes, même si le pouvoir médiatique et marketing de ces philanthropes fait croire le contraire. Quand on creuse un peu plus, on découvre que ces fronts philanthropiques sont excellents pour attirer des investisseurs et donc pour accroitre les profits des patrons capitalistes.
Ensuite, nous avons bien sûr les États occidentaux qui créent ces offres de bourse, pas seulement pour les raisons capitalistes ci-haut, mais aussi pour pouvoir contrôler la classe d’élites et d’intellectuels africains. Ainsi, le terrain de la domination néocolonialiste et néolibérale est bien labouré, car ces élites issues de ces programmes de bourse deviennent des ardents défenseurs du néolibéralisme, qui légitime le néocolonialisme et l’impérialisme. L’histoire de l’Afrique montre bien que certains des pantins néocolonialistes les plus vicieux sont ceux issus du système éducatif en occidents, les Senghor, les Houphouët-Boigny, les Ouattara et consort. Ils sont vicieux, car leur niveau d’éducation crée la fausse illusion qu’ils réfléchissent pour eux-mêmes alors qu’ils sont entièrement sous l’emprise des impérialistes. Bien évidemment, il y a des exceptions, il y a ces Africains, comprenant la primauté du peuple Africain et la nécessité de la libération complète du continent, qui ont eu le courage d’opérer un suicide de classe pour rejoindre, si pas mener, la lutte révolutionnaire. Là, on peut citer les Nkrumah, les Cabral ou les Fanon.
Nous pouvons aussi citer les institutions multilatérales comme l’ONU qui recrute beaucoup de ces Africains dans leurs rangs. Nous n’allons pas nous attarder sur la nature néocolonialiste et néolibérale de ces institutions multilatérales, mais il est important de mentionner que leur objectif n’est en aucun cas de réduire l’analphabétisme ou le sous-développement socio-économique en Afrique.
Les agents néocolonialistes locaux bénéficient aussi de cette fuite de cerveaux. Ces traitres et ces pantins ont tout intérêt à garder la population sous-éduquer et à « exporter » les personnes qualifiées. Dans les cas extrêmes, les dirigeants néocolonialistes sont eux-mêmes sous-éduquer. Mais en général, cette classe cherche à tout faire pour maintenir sa position de point de relais, de transmetteur entre l’exploitation capitaliste de l’Afrique et les entités/compagnies capitalistes. De temps en temps, ils lâchent le lest (tout comme les impérialistes d’ailleurs), créent quelques établissements d’enseignement, offrent quelques programmes nationaux, mais comme dit le dicton : chasser le naturel et il reviendra au galop. Cette classe anti-peuple d’ailleurs participent aussi dans les efforts de propagandes, car elle est rapide à envoyer des enfants étudier en Occident au lieu de développer les institutions d’éducation supérieur au pays. Aussi longtemps que cette classe parasite restera en Afrique, les intérêts des masses populaires et laborieuses seront bafoués et ignorés. D’où l’urgence d’une lutte révolutionnaire qui attaquera sans compromis ni hésitation les forces impérialistes et leurs valets locaux.
Quelques aspects positifs
La fuite de cerveaux n’est pas nécessairement une chose négative. Comme dans chaque chose dans l’univers, on peut y trouver des éléments positifs et négatifs. Nous sommes clairs que dans ces cas-ci, les négatifs prônent, car ils maintiennent le statu quo et l’exploitation capitaliste. Mais il y a des aspects positifs que nous devons identifier, collecter et utiliser pour la lutte révolutionnaire. Le rôle de l’organisation révolutionnaire est d’utiliser les forces positives pour démanteler et briser ce système impérialiste et néocolonialiste.
Le premier aspect positif est que les Africains ont en effet intérêt à acquérir des connaissances techniques et scientifiques, car ces dernières sont utiles pour le développement économique et industriel de l’Afrique. En effet, l’Afrique regorge des ressources qui, dans la main du Peuple Africain et selon les principes du socialisme scientifique, seront utilisées pour l’amélioration des conditions de vie des Africains. Nous espérons qu’il n’est pas nécessaire de rappeler que la science et connaissance n’appartiennent à aucun pays, race ou sexe. Elles sont la propriété de l’humanité tout entière, et donc doivent être mises à la disposition de tous les Peuples, et utilisées pour l’avancement de l’humanité toute entière. De ce fait, si les Africains acquièrent des connaissances et compétence en chimie, géologie, ingénierie et biologie, même si c’est à partir des universités en occidents, ces connaissances et compétences seront utiles pour notre Peuple. D’ailleurs, certains gouvernements post-coloniaux se sont buté à l’obstacle posé par le fait qu’ils devaient engager des géologues occidentaux pour explorer leurs ressources minières, à cause du manque d’Africains formés.
L’autre aspect positif est que certains de ces Africains qui vont en occidents ont une forte chance être radicalisés et prendre la voie révolution. Le contact avec des Africains et des Afro descendants venus de plusieurs coins du monde nourrit les premières bases d’un sentiment panafricain. Les réalités de la vie d’étudiant, les discussions sur la politique locale en Occident ou internationales, les interactions avec des personnes politisées venant d’autres coins du monde, et peut-être certains cours que l’étudiant Africain va prendre vont attiser cette nouvelle conscience politique. C’est encore mieux si l’étudiant était déjà radicalisé ou politisé quand il était encore en Afrique.
Bien évidemment, la limite de cette radicalisation est que l’analyse de classe n’est pas toujours présente, or sans la lutte de classe, tout sentiment panafricain est vide. Cette absence de l’analyse de classe de cette conscience politique que l’étudiant Africain va développer est due au fait qu’une fois dans l’université, les intérêts de petit bourgeois vont comment à prôner et en voulant s’accrocher à des objectifs académiques élitistes ou carriéristes, l’étudiant Africain va vite devoir oublier son origine (quelle qu’elle soit). De plus, la pression de la famille qui aura beaucoup d’attente envers l’étudiant parti en Occident, le souci de maintenir un certain prestige et les comparaisons avec les étudiants occidentaux venant des familles aisées, tout cela va faciliter la formation d’une conscience politique, certes radicale, mais plein de contradictions de classe. Nous insistons que c’est un aspect positif, car ces contradictions de classes ont le potentiel de s’intensifier et d’aboutir à une conscience révolutionnaire. Il faudra juste que l’étudiant Africain soit une nouvelle fois confronté aux réalités matérielles du peuple Africain ou participe et s’engage dans des espaces militantes et révolutionnaires, à l’université ou en dehors de l’université.
Que faire pour aller de l’avant ?
En vue de ce phénomène qui, à court et à long terme, inhiber le développement de l’Afrique et profite au couple impérialisme-néocolonialisme, nous devons explorer quelques pistes de solutions. Ces solutions doivent cibler les différentes sources du problème que nous avions identifiées au début de ce texte. De ce fait, l’action pour transformer les conditions matérielles qui favorisent ce phénomène de fuite de cerveaux est cruciale. En d’autres termes, la transformation complète et radicale de nos pays en Afrique est la plus efficace de remède, car d’une pierre, on élimine les facteurs qui attirent et les facteurs qui poussent nos jeunes populations vers l’occidents. Cette transformation n’est possible qu’à travers la mise en place des politiques et des économies qui centrent la souveraineté, l’autosuffisance et l’auto-détermination du Peuple, i.e. à travers l’établissement d’un système basé sur les principes du socialisme scientifique. Les mesures politiques assureront une planification de l’éducation, de la science, de la recherche et de l’industrialisation qui fait usage de l’incroyable pouvoir dynamique et créative de nos jeunes populations. Dans le concret, cette planification devra nous forcer à étudier sérieusement la situation dans nos pays, construire des nouvelles écoles et universités suffisamment équipés et adaptés à nos besoins. De plus, la planification économique permettra de mieux orienter les gens dans les études supérieurs, éviter l’accumulation d’un surplus de diplômés dans un domaine donné et comblé de ce fait les lacunes dans d’autres domaines.
Suivant les principes du socialisme, nous devrons aussi établir des unités de productions ou des entités collectives, basé sur l’agriculture ou sur l’industrie ou sur tout autre aspect de l’économie. Ces unités de productions doivent être organisée de façon à permettre la participation effective des membres et des travailleurs aussi bien au niveau de la planification de la production qu’au niveau de la distribution des ressources et des gains issues de cette production, et ce, à travers les structures de l’État socialiste révolutionnaire. Le rôle des étudiants formés sera d’apporter un plus grâce à la formation scientifique et rigoureuse obtenue grâce au nouveau système éducatif. Bien évidemment, des mesures seront prises pour pallier l’analphabétisme et au manque d’éducation des travailleurs qui ont déjà dépassé l’âge pour l’éducation normale, évitant ainsi le développement de tout complexe ou d’élitisme quelconque.
Bien assurément, cette planification doit être panafricaine, car rien ne doit empêcher les Africains d’une zone d’aller servir les intérêts de tout peuple Africain dans une autre zone. Cela implique que l’idéologie du panafricanisme révolutionnaire doit être la boussole et la base même de la pédagogie et de la philosophie du nouveau système éducatif. Cette planification suivant les principes du socialisme scientifique et du panafricanisme révolutionnaire va accélérer le développement de l’Afrique et assurer l’amélioration rapide de conditions des vies des Africains.
À ces efforts au niveau politique et économique, s’ajoutera la lutte farouche contre les propagandes occidentales et contre les agissements de ces organisations, institutions et groupes qui orientent nos populations vers l’étranger. Quand bien même, l’amélioration de nos conditions de vie et l’organisation socialiste et panafricaine feront déjà le gros de cette lutte, les efforts doivent aussi être appliqués à tous les niveaux (médias, divertissements, religion, arts et culture) pour développer en chaque Africain une conscience révolutionnaire et un amour pour le travail au service du bien-être de nos populations. Ainsi donc, tous les aspects de la société contribueront à réduire et même éliminer ce phénomène de fuite de cerveau.
D’autres actions doivent aussi être mis en place pour encourager ceux qui sont déjà partis à l’étranger de revenir s’établir en Afrique et contribuer à ce développement. Non pas de façon indifférenciée, mais avec une conscience révolutionnaire claire, car il faudra laisser toute mentalité capitaliste, de petit-bourgeois ou néolibérale en Occident. Le suicide de classe que devra faire cette frange du Peuple Africain, tout comme les autres segments de la petit-bourgeoisie présente en Afrique, sera un facteur déterminant pour permettre à ces Africains diplômés en Occident de contribuer honnête et pleinement dans la construction de l’Afrique nouvelle. D’où la nécessité d’une organisation effective et panafricanistes de nos populations dans la diaspora ou en dehors de l’Afrique.
Bien évidemment, nous ne disons pas que les Africains ne devront plus aller étudier en Occident ou hors de l’Afrique. Pas du tout, surtout pas dans les premières années de l’implémentation de cette transformation de la société, car nous devons épuiser les aspects positifs des études à l’étranger. Toutefois, au fur et à mesure que la marche vers le développement de l’Afrique évolue, il n’y aura plus intérêt à envoyer des jeunes étudier à l’étranger, à moins que ce ne soit pour apprendre des peuples. En effet, aucun développement ne peut se faire en isolation, et la solidarité internationale sera toujours un facteur positif pour nos populations, si et seulement si elle ne sert pas à nous subjuguer au diktat d’un système injuste et exploiteur quelconque.
Toutes les solutions citées ci-haut ne pourront être établies qu’à travers la révolution populaire et panafricaine. Nous ne devons pas nous berner et nous plonger dans des imaginations idéalistes, pensant que les impérialistes et les néocolonialistes vont gentiment plier bagages et nous laisser gérer notre destinée. Nous avons montré combien ce phénomène de fuite de cerveau est si lucratif, à court et à long terme pour ce système impérialiste et néocolonialiste. Logiquement, il y aura une résistance, farouche même, et nous devons préparer à mener cette lutte jusqu’au bout.
La lutte révolutionnaire contre les forces de l’impérialisme et du néocolonialisme qui domine le Peuple Africain ne peut se faire qu’à travers une organisation révolutionnaire panafricaniste. Cette organisation, ayant les solutions que nous avons citées dans ses objectifs, sera l’instrument efficace et permanent pour la réalisation des aspirations du Peuple Africain pour une vie meilleur, digne et souveraine. Déjà l’organisation posera les bases de la lutte contre la propagande occidentale à travers un programme d’éducation politique qui, non seulement, nourrit l’amour pour l’Afrique et le bien-être du Peuple Africain, mais aussi autonomise notre Peuple à penser pour lui-même et à se prendre en charge. Cette éducation politique, lorsque orientée vers les étudiants et les aspirants petit-bourgeois et capitaliste, posera les graines du suicide de classe nécessaire pour que ces personnes participent à la lutte révolutionnaire. Seule la masse Africain populaire, laborieuse et consciente pourra constituer, contrôler et diriger fidèlement l’organisation révolutionnaire pour la lutte révolutionnaire panafricaniste. Par conséquent, tous les membres de l’organisation devront s’identifier complètement au Peuple Africain, à la classe du Peuple, à son histoire, sa culture, ses intérêts et ses aspirations.
Nous reconnaissons que le chemin à parcourir pour atteindre ces objectifs et pour bâtir une Afrique Libre, Unie et Socialiste sera longue et tortueuse, mais nous sommes engagés jusqu’au bout, jusqu’à la victoire de la classe du Peuple.