Pourquoi Les Propagandes Capitalistes Sont-Elles Si Efficaces ?
Les propagandes capitalistes sont, si l’on peut le dire ainsi, les bases sur lesquelles repose l’esprit capitaliste qui nous pousse à soutenir, consciemment ou inconsciemment, les principes mêmes du capitalisme. Quelles sont ces propagandes ? À qui profitent-elles ? Pourquoi sont-elles si efficaces ? Quelles sont leurs forces ? Quelles sont leurs faiblesses ? Comment s’en détacher et lutter contre ? Telles sont certaines questions auxquelles nous essayerons de répondre et qui guideront la suite de notre article.
Premièrement, nous devons savoir que le but desdites propagandes ne passe pas seulement par le fait de nous amener à soutenir le capitalisme, mais aussi et surtout de faire en sorte que le capitalisme paraisse si indéfectible, inévitable et inébranlable que nous ne pouvons que nous y plier, car c’est la voie de la « normalité ».
Nous pouvons avoir certains exemples de propagandes capitalistes, parmi lesquels celui qui stipule que « la joie se trouve dans la consommation ». La première vue sur cette propagande peut nous faire croire qu’il n’y a rien d’anormal à cela. C’est simple : plus on consomme, plus on est heureux ; plus c’est cher, mieux c’est, ou encore, plus c’est cher, plus ça procure de la joie. Depuis l’enfance, on nous fait savoir que porter des chaussures ou des vêtements plus chers rend plus heureux, offrir un cadeau plus cher rend le bénéficiaire plus heureux.
Mais quand on regarde bien, cela n’est qu’une façon de constamment commercialiser des biens et services plus chers au fil du temps, en leur accordant de la valeur juste en fixant leur montant d’obtention. Toutefois, on remarquera que la joie des êtres humains se trouve dans des choses les plus subtiles et négligeables comme les jeux innocents entre enfants, le sourire d’un être proche, le regard d’un être qu’on aime, la convivialité amicale. Toutes les choses citées ci-haut ne sont pas ou absolument pas coûteuses, alors que l’on remarquera tous que nous les avons déjà vécues et que c’étaient des moments de joie.
Nous devrions accorder plus de primauté aux relations interhumaines, aux liens que nous formons avec les prochains, et nous verrons que notre bonheur est bien plus facile à avoir et loin d’être une question de lucre.
On a encore la propagande qui stipule : « Travaille aujourd’hui, tu te reposeras plus tard. ». Cette propagande est l’un des moteurs du capitalisme. Elle encourage le travail excessif sans repos, prétendant que le repos, c’est pour plus tard. Le problème est que le fameux « plus tard » n’arrive qu’à la mort.
L’être humain travaille pour pouvoir jouir des fruits de son labeur. Cette propagande vise à asservir les êtres humains au point d’oublier même le but de leur travail. Et cela fonctionne, car dès le bas âge, nous avons été initiés à l’obéissance sans aucun questionnement. Nous pouvons le remarquer avec le système éducatif, surtout chez nous en Afrique, qui nous encourage beaucoup plus à la mémorisation et au suivi de la marche à suivre, au lieu d’encourager beaucoup plus le questionnement et la prise de décision individuelle.
Cela a des répercussions dans la vie professionnelle où tout, en commençant par la fixation des salaires, le prix imposé aux biens de consommation et aux services de base, jusqu’à l’établissement du droit à la retraite, est tellement méthodiquement calculé afin de convaincre que le travail accompli n’est jamais suffisant pour atteindre les idéaux fixés, et que la seule voie à suivre est celle du travail, du travail, et encore du travail.
Cela dévalorise la santé et le bien-être humain, qui ne sont donc plus que des futilités ou alors des « luxes à ne pas s’offrir ».
Nous pouvons aussi citer la propagande selon laquelle on peut partir de rien et devenir milliardaire. C’est l’histoire que l’on nous vend de tous les milliardaires génies de la technologie qui sont partis absolument de rien, ont créé des applications et ont fini par devenir des milliardaires. Cette propagande est à analyser sous plusieurs angles.
De un, on peut comprendre qu’elle stipule que tout le monde possède les mêmes chances de réussir dans la vie, que la méritocratie est la base de la société. De deux, elle insinue que les pauvres sont pauvres parce qu’ils le veulent, ou parce qu’ils ne travaillent pas assez, ou encore parce qu’ils ne se fixent pas d’idéaux.
En ne considérant que ces deux angles de vue, on voit clairement que c’est une aberration totale de la réalité. Toutes ces propagandes, vues de haut, peuvent ressembler à des faits réels de la vie courante, mais en grattant un peu la surface, on se rend compte de leur fausseté. Elles ne visent qu’une seule chose : maintenir l’état actuel de la société en faisant en sorte que les plus pauvres demeurent toujours pauvres et que les plus riches soient encore plus riches.
On voit que cela sert les intérêts des personnes se trouvant au sommet de la pyramide sociale, au détriment de ceux qui se trouvent au fond de ladite pyramide. Et si cela ne change pas, même le futur sera ainsi : les descendants des riches seront toujours riches et les descendants des pauvres resteront toujours pauvres.
De plus, on se rend compte que même si les failles ou les défauts du capitalisme sont connus de tous, les gens continuent, tels des aveugles, à suivre les principes de ce dernier. Le secret de l’efficacité de ces propagandes se cache derrière plusieurs manigances profondément ancrées dans la société.
Le système éducatif, les castes sociétaires, les sources d’information, à tous les niveaux et à tous les âges possibles de la société, les capitalistes, façonneurs des règles sociétaires, s’arrangent pour que toute personne qui ose penser ou agir contre les bases du capitalisme soit découragée, réprimée ou réduite au silence.
Toutefois, de plus en plus de personnes, grâce aux formations et aux raisonnements autonomes, se rendent compte que le système capitaliste n’est pas si infaillible que cela et que ses mensonges ne sont que de la poudre aux yeux.
Nous ne devons pas nous arrêter. Nous avons le devoir envers nous-mêmes, notre société actuelle et les générations à venir de dissoudre cette carapace sous laquelle est contenue notre société, afin qu’un monde plus juste, moins individualiste et plus équitable prenne naissance.
La lutte est longue et tortueuse, mais en y mettant du nôtre, le grand édifice que nous rêvons d’établir pourra prendre forme.
A.B.B.
Cet article a été écrit à l’issue de la Formation Idéologique Josina Machel organisée par le MRLA.