Les Principes du MRLA Face À La Réalité du Peuple Africain : les Défis et Perspectives

D’emblée, le MRLA se fonde sur trois piliers : la révolution populaire et panafricaine, le peuple africain et l’organisation. Dans cette réflexion, nous allons nous focaliser uniquement sur la faisabilité d’une véritable révolution populaire panafricaniste, compte tenu de la réalité souvent contradictoire du peuple africain.

La révolution est le renversement d’un gouvernement ou d’un système politique. C’est un changement radical sur le plan idéologique ou pratique. C’est une opposition farouche au système en place qui aboutit à une transformation tangible. En ce qui concerne le MRLA, il s’agit d’une lutte visant à briser les chaînes, fréquemment déguisées, du capitalisme occidental ainsi que le colonialisme et l’impérialisme européens opérant en Afrique.

L’une des stratégies du MRLA est de diffuser son idéologie auprès des masses africaines qui ont désespérément besoin d’un changement; en effet, l’union fait la force. Le panafricanisme étant son objectif principal, le MRLA reconnaît que l’unité du peuple africain est une condition essentielle pour arriver à ses fins. Le moyen privilégié du MRLA est le socialisme scientifique; cela implique que la science doit être l’arme principale du peuple, d’où l’importance de l’éducation politique organisée continuellement par le mouvement.

Pour y parvenir, cependant, la condition actuelle du peuple représente un défi majeur. Bien que l'instruction progresse, l’histoire confirme que la tradition orale demeure le principal mode de communication des Africains. Cette tradition peut être vue sous un angle différent, mais elle constitue un obstacle de taille à surmonter dans le cas présent. La révolution voulue par le MRLA est une véritable science qui requiert donc une audience de lettrés, alors que le peuple africain est majoritairement illettré. Le dicton, malheureusement vrai, affirmant que « pour cacher quelque chose à un Africain, il faut le mettre dans un livre » souligne l'ampleur des efforts à fournir.

Dans ce contexte, une question se pose : « Dans quelle langue ? Celle de l’oppresseur ? ». Eh bien oui, car il serait peu réaliste de vouloir traduire toute la science nécessaire dans chacune des milliers de langues africaines existantes. Il s’agira donc d'utiliser la langue de l’oppresseur contre lui-même, une approche correcte selon Malcolm X, figure inspirante du MRLA, dont on reconnaît le slogan « By Any Means Necessary ». Toutefois, il demeure opportun de traduire, autant que possible, les contenus dans les langues locales pour une meilleure éducation politique.

De plus, il est nécessaire de noter que la pauvreté est un facteur déterminant qu’il faut impérativement prendre en compte dans une révolution populaire panafricaniste. Il s’agit d’un peuple affamé, qui travaille dur mais gagne peu malgré son courage. Un peuple affaibli et facilement corruptible car il a faim. Un peuple accusant un tel retard technologique qu’il consacre la majeure partie de son temps à des tâches élémentaires. Un peuple trop préoccupé par sa survie quotidienne pour avoir du temps pour l’éducation politique. Bien qu’il désire ardemment le changement, sa condition précaire ne lui permet pas de contribuer pleinement à cette transformation.

Dans une telle situation, nous comprenons que le peuple africain est désorienté. Il ne parvient pas à se révolter contre un système manipulateur qui lui jette des miettes quand il s’accapare la quasi-totalité du pain. C’est pourquoi le MRLA s’efforce de développer des stratégies robustes pour briser cette résistance et libérer les mentalités. Nous réalisons progressivement qu’au-delà des obstacles extérieurs, il existe des défis internes bien plus importants que le Mouvement Révolutionnaire pour la Libération de l’Alkebulan devra affronter prochainement.

D’abord, puisque le peuple communique plus par l'oralité, il faudra adapter les contenus d’éducation politique en conséquence. Cela signifie qu’il faudrait mettre un accent particulier sur l’écoute et la parole. Ainsi, il s'agirait d’élaborer des contenus audiovisuels (podcasts et vidéos courts et percutants), bien structurés et adaptés à chaque niveau d'évolution. En plus, il faudra réfléchir à la manière de les rendre accessibles au plus grand nombre. Par exemple, au lieu de se limiter au Web, l’organisation peut distribuer des clés USB contenant ces matières, en espérant que les gens sauront au moins se procurer une radio.

Remarquons qu’il est souvent plus aisé d’apprendre en écoutant et en regardant qu'en lisant. D’où la pertinence de cette voie audiovisuelle. Nous savons que le MRLA dispose déjà de contenus sous cette forme, mais ils sont encore insuffisants ; il en faut davantage. De même, il faudra investir les réseaux sociaux où la masse passe son temps, comme TikTok, particulièrement pour ceux qui y ont accès. Ensuite, la solution au second problème majeur est l’un des piliers mêmes du MRLA : le peuple. Il faudra continuer à combattre et à dénoncer les oppresseurs. Même si nous vivons dans un monde où règne la loi du plus fort, nous ne devons pas baisser les bras. Il faut combattre les ennemis du peuple par tous les moyens pour gagner sa confiance. À travers l’éducation politique, il faudra briser les forteresses mentales érigées par les oppresseurs qui se font passer pour des alliés. Une autre clé sera l’une des philosophies prônées par le MRLA : le communisme au détriment du capitalisme. Ainsi, les richesses seront équitablement partagées et l’unité africaine sera renforcée.

Enfin, nous comprenons que le parcours révolutionnaire sera semé de défis de toutes sortes, dont ceux-ci ne sont que des exemples typiques. Nous réalisons aussi que nous pouvons y trouver des solutions efficaces, surtout en tant qu’organisation. Malgré les contradictions entre les principes du MRLA et notre réalité africaine, continuons à nous battre pour notre cause. D’où, encore une fois, la force de notre slogan : « Jusqu’au bout, nous continuerons à lutter et à résister ».

B.F.

Cet article a été écrit à l’issue de la Formation Idéologique Josina Machel organisée par le MRLA.

Next
Next

“Revolutionary Integrity and Pan-Africanism: An Ethics of Total Transformation”